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Histoire contemporaine

RAVENEL ET SES OCCUPANTS IMPREVUS

1939-1945

sous la direction de Jean-François Dray

Du projet d'édification et sa première pierre posée en 1937 au CHM d'aujourd'hui, l'hôpital psychiatrique de Ravenel est devenu indissociable de la vie économique, sociale, historique de Mirecourt. Pourtant l'histoire ne lui a pas laissé le choix de ses événements. A peine sorti de terre, des hôtes imprévus au nombre de quatre, bien distincts, vont partager ses locaux, son parc, ses alentours. L'histoire s'est enfouie doucement avec le temps, mais il a fallu juste creuser pour retrouver traces de ceux qui, avant les spécialistes des soins psychiatriques d'avant-garde venus à Ravenel en avril 1947, ont été les premiers occupants malgré eux. Ils furent Français, Allemands puis Américains et cela dura de septembre 1939 à mars 1945.

Sentinelles allemandes devant un bâtiment de Ravenel et prisonniers français dans la cour d'un bâtiment (à droite )

Il fallait aussi la rencontre imprévue, elle aussi, quelques 74 ans après, de deux petits-fils en quête d'informations sur leurs grands pères respectifs, René et Roger, prisonniers de guerre dans le Fronstalag 120 de Ravenel-Mirecourt, pour faire revivre cette autre grande histoire celle du CHR dans son intégralité qui est rendue aujourd'hui, d'abord à tous ceux qui passent dans cet établissement, mais aussi aux Mirecurtiennes et Mirecurtiens pour leur patrimoine culturel. Et puis, juste retour aux initiateurs d'origine, au Département des Vosges qui retrouvera, tel un objet précieux manquant depuis longtemps, ces épisodes de l'histoire locale d'un de ces établissements hospitaliers dont il fut l'instigateur avec le Conseil général des Vosges.

L'HISTOIRE RETROUVÉE ...

Après un long travail de recherches ponctué d'interviews de témoins et de familles de témoins, l'histoire et la vie du centre psychiatrique Ravenel ont pu être recomposées dans ses événements tant particuliers qu'émouvants. Cette étude a débuté en 2012 avec la rencontre de Jean-François Dray et Stéphane Cursan, suite à leurs recherches individuelles sur le Frontstalag 120 en 1940. En effet, l'existence d'un important camp de prisonniers en ce lieu avait disparu des mémoires et ses occupants successifs durant toute la guerre, trop peu connus. Un travail de mémoire s'imposait, sa réalisation devant combler ce vide.

Septembre 1939

À la déclaration de la guerre en 1939, l'hôpital psychiatrique Ravenel était toujours en construction. Douze bâtiments neufs étaient sortis de terre et attendaient les dernières installations et les aménagements intérieurs. Le Conseil général finançait le projet voté depuis 1937. La Préfecture des Vosges s'était aussi très investie; une loi de 1838 imposant à chaque département la création d'un asile d'aliénés. Il aura fallu attendre près d'un siècle avant que celui des Vosges ne le réalise. Et la guerre survint...

L'armée française en était le premier occupant dès septembre 1939. Puis, dix mois plus tard, à la fin juin 1940, elle fuyait devant l'envahisseur allemand. Le Wehrkreis III de Berlin y installa le Frontstalag 120 qui devait fonctionner jusqu'en février 1941. Remis aux mains du Conseil général des Vosges, la Wehrmacht le réquisitionne en décembre 1943 pour en faire un hôpital militaire et un petit aérodrome. Suite à l'avancée vers l'est des forces alliées en septembre 1944, le lieu est abandonné puis, à peine quinze jours plus tard, et ce jusqu'en septembre 1945, est investi par le 21st General Hospital de l'Université Washington de St Louis dans le Missouri.

Le "quai des Américains" gare de Mirecourt 1944 et groupe d'infirmières et soignants du 21e GH à Ravenel

L'objectif était de retranscrire l'histoire des événements pour témoigner de la vie de ceux, qui durant six années, vécurent sur le domaine de Ravenel. Un ouvrage de 256 pages a été réalisé et sera présenté lors d'une conférence le samedi 13 septembre 2014 à Mirecourt.

Jean-François Dray, Agnès Goujon et Stéphane Cursan lors de la présentation du livre à Ravenel le 13 septembre 2014 et à droite S. Cursan, Lissa Gueye, petite-fille de Papa Gueye Fall (Sénégal) et JF Dray devant l'entrée du CHR.

Voici un hommage à l'histoire des occupants imprévus du Centre psychiatrique de Ravenel.

Une plaque commémorative en l'honneur des soldats français, prisonniers du Frontstalag 120 et des soldats américains du 21e Hôpital général de Washington de St Louis permet au­jourd'hui de garder la mémoire de ces lieux.

Texte de la plaque à l'entrée del'hôpital de Ravenel, dévoilée le 14 septembre 2014, cérémonie sous l'égide de l'association «  Le Frontstalag 120 », du Département des Vosges, du Conseil général des Vosges, de la Municipalité de Mirecourt, de l'Hôpital de Ravenel, des associations d'anciens combattants des Vosges, avec la participation d'une section du 1er régiment de Tirailleurs d'Epinal. »

 

A ceux qui aujourd'hui passent dans ces lieux, souvenez vous !

Ici, dans le Frontsatalag 120 de Ravenel, dans cet hôpital en construction, de juin 1940 à mars 1941, des milliers de soldats français de France et d'outre-mer furent prisonniers des forces d'occupation allemandes. Certains y per­dirent la vie.

le 21st General hospital Washington de St Louis soigna des milliers de soldats blessés au combat, de septembre 1944 à octobre 1945, tous ne retour­neront pas chez eux.

Gardons en mémoire le souvenir de leurs douleurs et de leurs espoirs.

Mirecourt le 14 septembre 2014

 

 

POUR TOUTE COMMANDE DU LIVRE :

RAVENEL ET SES OCCUPANTS IMPREVUS

256 pages Tout quadri 220X300 Couverture cartonnée.

Sommaire :

  • Le domaine de Ravenel 1669 - 1920 - La construction du centre psychiatrique de Ravenel 1937 - Ravenel et l'armée française 1939-1940 -Ravenel et le Frontstalag juin 1940/février 1941 - Ravenel et la Werhmacht juillet 1943/septembre 1944 - Ravenel et le 21e hôpital général américain de septembre 1944/septembre 1945 - Ravenel et les débuts du centre psychiatrique avril 1947 - Témoignages

Cet ouvrage édité par l'association Le Frontstalag 120 est en vente par correspondance au prix de 20 euros +5 euros de frais de port. A réception du chèque (ordre Frontstalag 120) adressé à M. JF Dray 5 rue Tagore 75013 Paris, nous vous ferons parvenir par colis votre exemplaire.

Site : Le Frontstalag 120 de Mirecourt a aussi sa page Wikipédia.

 

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Jean-François Dray

janvier 2015