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Sommaire

 

AU FIL DES JOURS

par Jean -François DRAY

Ce récit, organisé autour des lettres, des journaux et des carnets de René Bled, est une étude des écrits permettant d'étudier en détail le quotidien d'un soldat puis d'un prisonnier de guerre. Ce passé mémoriel devient un objet d'étude historique pour élaborer des procédés d'interprétation permettant de garantir la vérité et l'histoire. Mobilisation, Guerre, captivité, libération puis retour... Au travers des notes prises durant cinq ans, nous suivons au fil des jours les activités de René Bled, soldat puis prisonnier de guerre dans la tourmente de la Seconde guerre mondiale, puis son retour. Au-delà de sa vie quotidienne dans le kommando, comment ne pas s'imaginer les derniers jours de ce voyage, des wagons à bestiaux aux trains de voyageurs, aux repas médiocres, aux vols, aux dangers mêmes entre prisonniers ? Les pays traversés, l'Autriche, la Hongrie, la Yougoslavie, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, L'Ukraine, la Pologne, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, paysages de ruines, puis enfin la France avant le dernier train à la gare d'Amiens sonnant les dernières minutes de séparation, au fil de ces 2158 jours de séparation. L'intensité de cette émotion se laisse imaginer, car les événements écrits, scribouillés s'arrêtent le mardi 31 juillet sur le quai de la gare d'Amiens par un beau matin d'été. La suite me sera rapportée longtemps après, lorsque je me plongerai dans ce récit personnel unique, mais aussi semblable à beaucoup des 1.500 000 prisonniers français qui partirent en captivité et qui eurent la chance de revenir, pour nous raconter.

Mon travail a consisté à garder les formes expressives, les jargons, et fautes de syntaxe. Ma narration complète le récit dans les premières pages, reliant, les notes télégraphiques de son journal. Ce travail de réécriture et de mise en forme de ces notes, est ma volonté de laisser la trace de ce vécu, celui de mon grand-père, qui me fut si proche.

Le récit intitulé « Au fil des jours » relate la vie exacte d'un soldat de l'armée française, de la seconde région militaire, celle du Nord de la France qui débute le 2 septembre 1939. Il fait partie de la 515e compagnie du train qui s'est composée à Ferrières-les-Amiens, dont 100% des soldats sont des Réservistes. Il fera durant la période de la «Drôle de guerre» du transport de troupes et de matériels prés de la frontière belge. Prisonnier un mois après le début des hostilités du mois de mai 1940, il sera d'abord prisonnier dans les Vosges et emmené deux mois après en Autriche dans le célèbre Stalag XVIIA.

Au départ, la trace de son périple retrouvé dans ses petits carnets et un résumé réécrit sur un cahier de brouillon, à son retour, ont permis de marquer la chronologie, les lieux, les dates, les événements et ont permis d'élaborer un premier récit. La disparition de ses écrits durant sa captivité est remplacée par les courriers adressés à sa femme qui s'échelonnent de janvier 1941 juin 1944. Ceux-ci présentent le vécu et donnent le ton de ces échanges, surveillés par la censure postale qui arrivent parfois avec deux mois de retard. Le récit est complété par les journaux écrits durant l'année 1944 jusqu'en janvier 1945. Nous découvrons au jour le jour, au travers de courtes phrases, l'évolution de la situation des membres du kommandos dans le secteur du village de Winzendorf, à environ 80 km au sud de Vienne. Un court moment sans nouvelle s'étend entre cette dernière page de son journal et son dernier récit inscrit sur un petit carnet, commencé à la libération par les troupes soviétiques de son secteur et qui nous permet de suivre son dernier périple avant son retour et son arrivée en France le 31 juillet 1945.

J'ai entrepris un travail d'histoire afin de retrouver trace du JMO (journal des marches et opérations que possédait toute compagnie) de la 515e compagnie du train au CHD ( Centre Historique de la Défense à Vincennes) dont il fut pratique de vérifier les informations avec les écrits de René Bled.

Le centre historique des conflits contemporains du musée de Caen , m'a donné également des informations sur les prisonniers de guerre et indiqué le contact avec le CICR (comité international de la Croix-Rouge) de Genève. Celui-ci, outre les fiches originelles datant d'août 1940, de son inscription auprès de la CR de son statut de prisonnier de guerre, ainsi qu'une fiche informative sur sa personne en qualité de maréchal des logis, m'ont donné copie des rapports concernant les sept visites effectuées de 1940 à 1945 dans le stalag et les kommandos par les inspecteurs de la CR. Ceux-ci informent des problèmes rencontrés par les prisonniers et présentent un certain nombre de statistiques qui permettent de comprendre l'évolution du camp durant les cinq années de son existence.

Un travail de lecture et de recherche à la BNF m'a permis de trouver traces de plusieurs récits d'autres soldats publiés pour certains ou édités sur internet sur des sites privés qui montrent la diversité des situations. La lecture des bulletins «stalag XVIIA» du comité des anciens prisonniers de guerre du stalag XVIIA, dont le premier numéro mensuel commence en avril 1945 à Paris pour s'achever en février 1953 donne un complément d'information aux études portées par les rapports du Comité International de la Croix Rouge. Les informations se croisent et permettent une meilleure exactitude des faits. René Bled en sera adhérent dès octobre 1945 jusqu'en 1953.

Avec l'ensemble de ses informations, j'ai pu remodeler les récits de René Bled et les insérer dans une étude générale de son cas qui concerne son vécu de soldat et de prisonnier de guerre.

L'intérêt de ses récits sous les trois formes, textes, lettres, journal , est de mieux ressentir et d'éclairer, au travers des écritures spécifiques, le vécu au jour le jour du soldat Bled. Il apporte des renseignements sur les conditions de la reddition dans la poche de l'Est en juin 1940, les conditions dans les fronstalag (en France) et les conditions négociées sur le statut des milliers de prisonniers français, entre les Allemands et le gouvernement de Pétain avant leur captivité dans les 200 camps de prisonniers de guerre, répartis en majorité en territoire allemand. On apprend la création des kommandos et le cas du Kommando 443 GW de René Bled dans une firme autrichienne avec une vingtaine de Français, tout au long des jours de leur captivité. On va ensuite suivre l'attente de la libération et le long périple de son retour qui prendra quatre mois, pour comprendre enfin les événements qu'il a vécus.

Jean-François Dray

CONFERENCE CONSACREE A "RENE BLED"

DIMANCHE 6 MARS 2011 DANS LE CADRE DE L'EXPOSITION

"Wavignies, Regards sur le passé"

exposition organisée par Madeleine Vignola

Conférencier : Jean-François DRAY

Madeleine Vignola et Jean-François Dray

 

Je voudrais exprimer le grand plaisir que j'ai à être ici aujourd'hui avec vous, à Wavignies pour cette conférence sur René Bled. A cela plusieurs raisons. La première parce que je suis un enfant de ce village, né en 1955, et que j'y ai passé de nombreuses vacances d'hiver et d'été chez mes grands-parents dans la famille maternelle, la famille BLED (grande rue), et dans la famille paternelle, la famille DRAY (route nationale). La première établie avant 1900, mon arrière grand père Théophile BLED de Quinquenpoix, couvreur zingueur était marié à Elidamire Budin, famille illustre qui depuis le 18e siècle s'occupait du relais de poste de Wavignies et la seconde, celle de mon grand père Alfred DRAY venue de la région de Méru, qui s'installera en 1927 et fera carrière à la sucrerie mono-industrie autour de laquelle se développa l'économie locale pendant de nombreuses années.

De Wavignies, j'ai le souvenir d'un village qui fonctionnait comme fonctionnaient depuis longtemps tous les villages de France. Comme sur les photos. J'y retrouvais l'église au centre, le presbytère, le curé et sa bonne, en face la mairie et la 2CV du maire garée devant, l'école communale toujours fermée lors de mes venues, la boulangerie et ses effluves de pain cuit, les artisans dont les ateliers étaient visibles aux promeneurs, les cafés épicerie, les passages des commerçants (boucher-épicier-poissonnier-boulanger) avec leur camionnettes et leurs coups de klaxon dans les rues pour avertir de leur arrivée.

Wavignies, c'est aussi les étés chauds, les promenades dans les ruelles, à pieds ou à vélo, le foot dans le parc du château... les chemins de traverse, les travaux des champs, les tracteurs, les vaches qui venaient et repartaient aux prés… le bruit des sabots et même le passage de chevaux dans la grande rue. » «  Comme quoi et pour reprendre les mots de Danton, on ne peut quitter son pays sans emporter des morceaux de terre à ses souliers  ». Voilà donc des bribes de souvenirs de mon village natal, des images dont certaines, je le sais, ne sont plus des réalités d'aujourd'hui.

La seconde raison qui est aussi un réel plaisir est de pouvoir répondre à l'invitation sympathique de Madeleine Vignola qui a organisé ces deux journées sur l'histoire de Wavignies. L'ambition est manifeste et offre un panorama exhaustif du passé de notre village picard pour en faire une photographie cognitive générale. Des cartes, des monuments, des événements, des métiers, des familles, des vécus collectifs qui à l'instar des monographies demandées par le Ministère de l'éducation nationale en 1890 rassemblent les éléments historiques pour les ancrer dans la mémoire collective d'aujourd'hui .

En effet, le Ministère avait demandé aux instituteurs (sinon au curés avant 1906) d'écrire l'histoire des villages avec les éléments dont il disposait à l'époque. Une vraie mine d'or les éléments constitutifs de l'histoire des villages. C'est la micro histoire avant l'heure et elle portera ses fruits. Une pratique qui se développera à partir des années 1970 en Italie influencé les travaux de Edward Palmer Thompson historien britannique 1923-1993 , une influence exceptionnelle pour toute une génération. Les micro historiens prônent une réduction d'échelle, afin d'examiner les phénomènes à la loupe. Les recherches les plus courantes concernent l'étude d'une petite ville ou village, incluant une analyse centrée sur les petites gens et les individus d'importance mineure.

Le panel exposé ici … entre dans cette définition et je voudrais féliciter son organisatrice en lui souhaitant que les semailles de son travail donnent naissance à de nouveaux adeptes et adhérent à cette microhistoire de Wavignies et que vous puissiez en continuer l'écriture. Car chaque élément ici exposé mérite maintenant d'en suivre la genèse afin d'en extraire une étude quantitative à plus long terme. Cela d'ailleurs mérite l'édition d'un ouvrage

Des villages ont peu évolué en taille, d'autres identiques dans le passé, sont devenus des cités urbanisées, des mégavilles mais toutes ont un passé et la résurgence de ces périodes montre l'importance de la mémoire collective : On ne peut vivre sans mémoire car sans mémoire, on ne parle pas d'avenir. Ce qui relie crée la cohésion.

La troisième raison d'être d'ici aujourd'hui est bien sur, pour vous présenter cet après midi un élément de cette microhistoire, celle d'un habitant né à Wavignies et surtout son parcours de soldat et de prisonnier de guerre durant le second conflit mondial de 39-45.

Ma démarche : A la recherche d'information, je m'adressais l'année dernière à la mairie de Wavignies qui me mit en relation avec Madeleine Vignola .En lui racontant ma demande sur le nombre de soldats partis de Wavignies en 1939, et mes recherches pour une biographie de mon grand père, l'idée d'en faire une présentation à l'occasion de ces deux journées consacrées à l'histoire de Wavignies me fut proposée par Madeleine Vignola.

En deux mots, pourquoi ce travail ? La vie des membres de ma famille maternelle et paternelle, leur place dans l'histoire, de la guerre de 1914-1918 puis après jusqu'à la guerre de 39 45 m'a toujours intéressé. Une façon d'apprendre d'où je venais. Les documents sur mon grand père collectés et classés par ma mère étaient restés à l'état brut. Journaux, carnets, lettres, photos etc.. . Je voulais aller plus loin. Trouver son passage dans l'histoire officielle, avoir la trace. Je me lançais donc, dans une étude approfondie de son histoire durant la guerre.

1- archives départementales de l'Oise , mais là pas de réponse sur le nombre de soldats partis seulement deux documents le concernant.

2- CHD le centre historique de la Défense au château de Vincennes afin de retrouver la trace du JMO soit le journal des mouvements opérationnels que chaque compagnie devait rédiger tenus par son commandant puis ses subordonnés en cas de mort. Ces JMO furent remis aux archives des armées ; On me proposa 17 boites d'environ 5 kg de documents militaires, rapports, JMO etc.. et ne pouvant étudier que 5 boites à chaque réservation, une chance j'habite Paris) je trouvais enfin à ma troisième venue dans la grandiose salle louis XV, dans la 17 e boite, la dernière, le fameux JMO. Je tenais le début de l'engagement de sa compagnie.

3- Ministères des armées section anciens combattants, au musée des invalides qui lui m'adressa à ses service du musée des conflits contemporains de Caen où là, je trouvais un document sur sa capture et un certificat médical au retour.

4- le comité international de la Croix rouge à Genève, qui depuis plus d'un siècle maintenant gère le sort de tous les prisonniers de guerre dans le monde pour peu que les pays soit signataires des la convention de Genève. On m'avertit, le délais d'attente était de 8 mois, gratuit jusqu'aux petits enfants. Il fallait attendre. Mais grâce au comité, j'aurai, plus vite que prévu après une relance efficace :

1 - les documents qui attestaient de son arrestation le 22 juin 1940,

2 - le fronstalag de Rambervillers où il fut recensé

3 - le stalag XVIIA de Kaisersteinbruch au sud est de Vienne 40 km environ où il séjourna

4 - le kommando 443 GW de Winzendorf, où il vécut durant 5 ans

ainsi que les 7 rapports réalisés durant la guerre par les inspecteurs du Comité international de la Croix rouge au stalag XVIIA

5- Je continuais à la bibliothèque nationale (autorisation-expertise de la demande ) et je trouvais l'ensemble des bulletins des anciens du stalags XVIIA dont le numéro 1 sortit en avril 1945. Le dernier en mars 1953. Les cinq années durant lesquelles tous ces hommes de tous les horizons sociaux furent ensemble avaient créer des liens indéfectibles et il étaient nécessaire pour eux de garder le contact et de continuer à communiquer.

le livre de référence sur la vie des prisonniers de guerre dans les stalags et oflags et les kommandos de 1939-1945, un livre d'Yves Durant un historien de l'université d'Orléans, qui enseigne toujours qui traite de façon détaillée de la capture au stalag, l'organisation de la vie interne, politique, culturelle, les kommandos, le travail, les malades, la place des PG dans la collaboration, les repas, les fêtes de noël et du jour de l' an etc.. jusqu'aux jours de la libération avant le retour qui ne fut pas si joyeux …

Je commençais ainsi la rédaction de la biographie et je composais avec l'assemblage des éléments dont je disposais. Il s'intitule Au fil des jours, 2158 jours, récit été témoignage épistolaire d'un soldat et prisonnier de guerre dans la tourmente du conflit de 39-45. Cela me permet donc de vous présenter son périple et de tenter de comprendre le rôle que ça a joué dans sa vie après à Wavignies. Ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est de porter la loupe, comme je le disais tout à l'heure :

-sur un parcours de vie , c'est-à-dire la période de 1939 à 1945

-les événements qui s'y rapportent,

-et les conséquences

qui se diviseront en quatre propos,

-la période de la drôle de guerre

-la reddition et la capitivité de juin 1940

-La captivité de 1940 à 1945

-le retour en juillet 1945 et les conséquences de la guerre

 

Juste un rappel pour faire connaissance avec René Bled . Il s'agit de mon grand père maternel celui qui était né le 24 avril 1902, dans la maison familiale, route nationale devant le relais de poste à coté du maréchal ferrand, en haut de la grande rue. Il passera la majeure partie de sa vie à Wavignies de 1902 à 1971, chef sapeur pompier et conseiller municipal et à la retraite et surtout parce qu'il était fort malade et handicapé il viendra vivre à Creil avec sa femme chez mes parents qui avaient agrandir la maison pour les accueillir tous les deux n'étant plus autonomes et ayant besoin de soins. Il est né dans ce village et a suivi une scolarité jusqu'à 13 ou 14 ans, âge auquel il apprendra un métier, ce sera celui de son père artisan couvreur zingueur.

En 1900, Wavignies comptait 500 âmes, la sucrerie était la mono industrie locale et les travaux des fermes étaient l'autre économie majeure. Il part faire son service militaire le 13 mai 1922 et sera incorporé au 508e RCC-364 e compagnie et affecté le 24 juillet 1922 au 513e régiment de char de combat du 20 e corps d'armée de Nancy.

Il sera parmi les premier à conduire le char Renault, nouvel arme de guerre, née durant le conflit mondial de 14-18.

Le plus jamais ça de la guerre : la jeunesse voulait oublier cette période et croire que cela ne sera plus jamais possible. Un certificat de bonne conduite le promu caporal chef, et il est libéré le 6 novembre 1923 soit après 18 mois de service militaire.

Il revient à Wavignies et retrouve ses outils de couvreur. Deux périodes de trois semaines en novembre 1925 et en novembre 1928 à la première compagnie du train lui donnent le grade de maréchal des logis.

1931 se marie avec madeleine Charonnat d'Ansauvillers

1933 deux ans plus tard naissait sa fille Marie Thérèse

1936 Période du front populaire en France

Montée du nazisme, l'Anschluss, l' ouverture des premiers camps de concentration et c'est l'arrivée des premiers émigrés politiques et juives, victimes du nazisme, l'occupation de la Tchécoslovaquie en mars 1939.En France pas de croyance dans un conflit avec l'AllemagneLes bruits de bottes se font entendre plus clairement et jusqu'à la dernière minutes, personne ne pensait à une déclaration de guerre. C'était de l'esbrouffe disait on ! Pourtant les cloches de France tout comme en 1914, se mettront à sonner partout le 2 septembre 1939. L'ordre de mobilisation concerne 2 500 000 soldat de France et de ses colonies.

La drôle de guerre

Le samedi 2 septembre1939 René Bled accompagné de sa femme de sa fille et de ses parents va prendre un train (le tortillard) à la gare de Wavignies,(il n'est pas le seul)

Il part pour Ferrières-les-Amiens, pas très loin….

L'organisation de la compagnie du train (compagnie de transport) se fera dans ce village (mais pas de trace en mairie actuellement alors que les carte postales achetées et postées à Ferrières, les courriers de mon grand père attestent du bon endroit). Peut être dans le château ?

La compagnie était pourtant composé de 14 VL , de 6 camionnettes, de 77 camions en très bon état, de 4 motos et pas moins de 243 hommes de troupes, de 23 sous officiers dont mon grand père, deux sous-lieutenants, 2 lieutenants et un capitaine.

La particularité de cette compagnie était qu'elle était composé de 100% de réservistes (bonjour l'efficacité) et conduite par un capitaine Rene Lefébvre qui sera interné plus tard en mai 1940 à Epinal :

on lit dans le JMO le capitaine est tout a fait anormal, il a les yeux hagards et dit que ses supérieurs veulent le fusiller .

Ce sera le lieutenant Gilbert Dieudonné qui prendra les opérations en main jusqu'à la fin.

Le départ de la compagnie est donc donné le 9 septembre à 4 h du matin, René écrit à Madeleine pour lui donner le secteur postal militaire pour le courrier. La 515 e transporte du matériel pour le front de l'est et fera du transport de troupe durant l'année.

La route que va suivre la compagnie les menera, le premier jour à Crouy près de Soisson, passe par Reims, Epoye, Betheniville et passe la nuit à Leffincourt .Puis ce sera Vouziers et un premier arrêt de huit jours.Le quatrième cantonnement se fera a Cunel dans un hameau de 17 habitants ils dormaient dans la paille.

En octobre, il sont à Romagne sous Monfaucon, là où il y le grand cimetière de 14300 tombes américaines de l'offensive de 1917, pour le moral on ne fait pas mieux dit il. Il dort chez l'habitant sous off)

Matériel 10 000 rails pour Montmédy et Longyon entre Verdun et la Belgique ; 300 tonnes par jours piquet obus tôles, ronces artificiel

Deux perm puis l'attente.

Le 10 mai , la guerre (lire page 25-26)

Du 1 er juin au 20 juin la compagnie va faire des transport de troupes et de munitions , récupération dans les gares chargement et transport de nuit. Le jour, les camions sont cachés dans la forêt

Morts victimes civils et militaires car de soldats. Ils se font mitrailler

Le 20 juin tentent encore une mission mais reviennent

le 21 juin ils sont cachés dans les bois de Vaudemont,

le 22 juin, c'est là qu'ils seront faits prisonniers

 

Lire page 29 la reddition

22-24 dans les bois = début des évasions certains sont plus perspicaces.

Le 24 juin ils sont 3000 regroupés dans un camp improvisé à POUSSAY (photo) il pleut, toile de tente dorment dans l'eau ;durant 2 jours (nouveaux soldats pour gérer ce trop plein de prisonniers )

Le 26 juin ils sont amenés dans un asile en construction dans la ville de Mirecourt (5000 h)

A l'abri mais début de la dysenterie, lui est touché ça dure 7 jours.

Ils pensent qu'ils vont être démobilisés et pouvoir rentrer chez eux. Le 6 août c'est le désenchantement ; 1800 000 PRISONNIERS recencés

1600 000 partent pour l'Allemagne dans la centaine d'oflags et stalags du reich ( explications)

lire page 34 depart pour l'allemagne

4 aout 40, ils apprennent leur départ pour l'Allemagne

lire p 34 le départ en train

lire p 35 arrivée autriche

l'ARRIVEE AU CAMP DE KAISERSTEINBRUCH

La vie dans le stalag  : rien à faire derrière les barbelés . Les évasions seront rares dans ce secteur car trop loin de la France. Certains iront en Hongrie (encore indépendant) mais y resteront jusqu'en 1945 aussi, les autres repris et punis par les SS.

Création des arbeitkommandos, emploi des prisonniers reconnue par la convention de Genève pour le travail sauf les officiers qui peuvent refuser.

René sera dans un groupe de 20 dans le village de Winzendorf à la campagne

Lire p 37 Arrivée à Winzendorf

Lire Durand p 65

La répartition des kommandos par types

lire Durand p 83

Après ce texte de Durand on va mieux comprendre ce qu'était sa vie à Winzendorf dans la firme Curti

Les conditions varient donc selon les lieux et les types de travaux ; Fermes, 80% usines, mines,

Administration en ville ; Le travail durait environ 66 heures par semaine puis plus après 80

Beaucoup ne sont pas habitués a des travaux pénibles, puis les mauvais traitements (pas assez à manger) les brimades des encadrements en usines..

Reste a savoir comment les pg français se sont comportés à l'égard de ce travail imposé par le reich en guerre. Sabotage, ralentir etc… pas toujours facile ou utile …

Le temps de la captivité

Il restera au même endroit dans cette firme Curti avec un groupe d'une dizaine de français. Sa fonction sera de dynamiter les roches de la carrière, de les réduire et de les mettre dans des wagonnets afin de les descendre près du four, où d'autres les déposaient avant la mise au feu, en dessous, là où on décharger les tonnes de charbon des wagons qui venaient de silésie.

Il sera à chacun de ces postes à tour de rôle. L'ambiance n'était pas toujours bonne avec certains du groupe, comme dans toute vie collective, certains se faisaient porter pâle plus souvent, freiner le travail etc. Plutôt un comportement individualiste que militant saboteur , même si ce problème était posé entre prisonnier. Toujours est il que lui refusera parfois si en dehors des obligations mais dans l'ensemble se refugiera dans le travail, pensant chaque jour à la fin de sa captivité. Esprit travailleur on le fait bien. Lentement, mais bien ! De plus travailler permettait de faire passer le temps plus vite, dans le stalag les PG n'allaient pas bien.. pas le moral. Il voulait rester dans ce village et ce kommando.

Donc pas de faute de faux pas ….(exemples)

Le travail : 66 h puis 80 h

5h du matin repos samedi après midi et dimanche = prêtés par la werhmart les entreprises payaient une somme pour cela (regard administ) vivait dans des bâtiments de la carrière à la sortie du village.

Les repas : pris dans un restaurant un endroit pour les PG Chez les Meyerhoffer dans le centre ville

Les maladies : fuconculose typhus

Accidents : main, pied pendant trois semaine = danger

Les courriers et les colis

Le seul avec la vie d'avant lien était les lettres et les colis. Lorsque l'on avait de la famille ou encore si on savait lire et écrire.

Les lettres 2 par mois pour les sous off, étaient écrites sur du papier à lettre de la kriegsgefangenenpost correspondance des prisonniers de guerre , soit 27 lignes officielles au crayon de bois qui était lu par un service de censure avant l'envoi (traits rouges pour cacher des propos)

Les lettres mettaient 3 ou 8 semaines à arriver , moins dans l'autre sens. Mais dans l'ensemble il aura continuellement des nouvelles de sa famille de septembre 1940 au 2 juillet 1944 date finale

Les colis étaient reçus normalement 1 à deux par mois ceux de la famille de ma grand mère et ceux du comité des prisonniers ou de la croix rouge(peu).

Ma grand-mère en profiter pour ajouter des lettres supplémentaires , une lettre écrite au citron ou a l'encre très fin très petit puis pliée en 10 pour l'incorporer dans une coquille de noix ou un bouilllon cube. Pas de censure donc des vrais infos qui permettaient de corroborer les infos dont ils disposait.

En Autriche malgré la présence d'activistes pro nazis ceux là vont avec la tournure des évènements faiblir ( les hommes autrichiens étaient enrôlés dans l'armée sur le front russe beaucoup de morts donc le soutien aux allemands commença a disparaitre) les habitants de Winsendorf avaient de bons rapports avec les prisonniers, au point où René Bled sera le bien venu lorsqu'il commencera à venir réparer les toits, puisqu'il n'y avait plus d'artisan au village. Il aura un Fremdenpass et ira même dans les villages voisins, de Muthmansdorf, willendorf, Urschendorf, Wurflach,Stellhof, distants d'une dizaine ou 20 de km, faits à pied dans le froid ou la neige parfois.

Il avait décidé de pratiquer son métier

sans doute y prenait-il du plaisir , à un moment il écrit : j'ai du poser plus de tuiles ici que durant tout mon temps d'avant la guerre  »

Il sera même obliger de faire le toits d'immeubles pour les populations de Vienne en danger et bombardées en 1944 mais il sera payer par les autorités.

Dans le cas des habitants il bénéficiait surtout de nourriture toujours en quantité mais surtout de bonne qualité viande etc . Il avait du cidre, de la biére ou du vin, il le signale avec plaisir…. Puis parfois il avait un peu d'argent. Il achetait des rasoirs, du savon, du nécessaire pour la vie courante et aller aussi faire des photos a Bad Fischau chez Bauer.

Il était tenu par des horaires et devait demander a chaque sortie une autorisation au patron ou au contremaitre. Elles furent plus nombreuses vers la fin lorsqu'il n'y avait plus régulièrement de charbon, les wagons étaient réquisitionnés pour le front de l'est.

Lire p 148 et 149 et 152

Les informations et les nouvelles il les avait grâce à une famille , contremaitre et restaurateur qui écoutaient Radio Londres et donc était parfaitement au courant du débarquement le 6 juin au soir, la l'attentat d'Hitler le jour même en juillet 44 la mort de Rommel en octobre et puis il vivait depuis en live avec les bombardements au dessus de lui de plus en plus nombreux sur Vienne et la Hongrie toute proche.

Dans son journal de 1944, on voit l'évolution, les bombardements, il ne va pas aux abris, seul la population , il fait des réparations ;

Il est encore malade des furoncles en septembre 1944 (lire page 158)

La fin de la guerre

Temps s'accélère et il attend le moment de la libération pourtant il fait le point le 1 er janvier 1945 dans son journal. le travail diminue et la crainte d'être envoyer dans les villes pour faire des tranchée anti char etc..

Les stalags de l'ouest sont évacuées et les prisonniers viennent grossir les autres camps mais pas adaptés trop de monde et pas à manger , typhus, fatigue etc.. 25000 morts en un an

58 camps sont ainsi recentrés. Il est au courant. Il espère ne jamais quitter son usine.

La population devient antinazi… ou simplement n'a plus de sympathie pour les soldats allemands qui prennent les hommes

Son journal s'arrête fin janvier 45 (Lire p 191 et 193)

En février Budapest est pris par les Russes ils peuvent progressaient vers Vienne.

Retrait de l'armée allemande

Arrivée des russes, il est refugié avec d'autres PG et habitants de Winzendorf dans la forêt

Obus au dessus de leur tête combat autour du village

Le 1 er avril les russes sont là. Viol, vols etc… brutalité, il dort chez l'habitant et protège une mère et sa fille. Première fois de puis 5 ans qu'il dort dans un lit. Ils reviennent au village occupe un appartement d'un ancien SS font du pain pour les habitants. Un ami est tué par l'explosion d'une baraque, s'aurait pu être lui

Il quitte le 14 avril pour un train vers la Hongrie,puis belgrade puis ce sera, un train qui reviendra vers le nord tchecoslovaquie, Pologne ? Urkraine là il reste dans un camp désaffecté 10000 PG français dont le petit fils deFoch mais pas de train …

lire p 213

Reorganisation de l'armée française dans ce fourbis

Départ le 5 juillet d'ukraine

Pologne varsovie

Allemagne Berlin

Le 24 juillet embarquement serres comme des sardines dans des wagons de voyageurs (12 par compartiments)

Hanover puis Munster à l'ouest vers la Hollande

toilette faite dans des trous d'obus arrêt sous tentes anglaises

29 juillet départ pour la Belgique à 3 h du matin traffic

Passe par Heindhoven puis

Bruxelles le soir

Bon repas cigarette gateau , soupe

Le lendemain le lundi 30 juillet part pour la France passe la frontière a Valencienne

Puis a 1h du matin, il part pour Amiens, à 7 le mardi 31 juillet h arrive à Longueau

il change pour prendre la ligne de Paris, St Just,

L'accueil est au centre des prisonniers, Paulette Pilon femme du boucher d'Ansauvillers est venu le chercher annonce et son arrivée se fera à Ansauvillers et non a Wavignies malgré les cloches qui sonnaient déjà.

Le soldat René Bled âge de 43 ans était de retour, sa famille était là au complet

Demobilisation=

il sera adhérent à l'amicale de son stalag le XVIIA et abonné a son bulletin jusqu'en 1953

role de l'amicale

les prisonniers de guerre n'étaient pas les bienvenus car les perdants de 1940 et la France victorieuse l'étaient avec d'autres soldats qu'elle vénérait. Une affiche l'atteste

Aide soutien fêtes :Carte des anciens combattants lutte pour l'avoir . la fédération nationale des combattants devra mener une action continue pour qu'un décret accorde la carte aux prisonniers de 1940 En 1949, la carte d'anciens combattants est donnée à ceux qui en feront la demande.Comme toujours, ils n'ont qu'un désir oublier la guerre et la captivité et travailler, il reprendra sa place grande rue et continuera à poser des tuiles et des ardoises.

 

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