Je sens le souvenir qui pointe en moi son poignard

J’ai pris plaisir à lire les autobiographies d’auteurs, sinon les axes de chacun et c’est chez George Sand que j’ai trouvé un parallèle avec mes préoccupations. L’aspect pédagogique qu’elle veut faire porter à son travail se situe dans les exigences de l’individu lui-même face à son existence.

Pour elle, il y a ceux qui vivront sans se rendre compte, sans comprendre et presque sans chercher, sans penser, passant sans se révéler et se connaître. De plus, sa volonté de raconter se cherche dans la vie intérieure, la vie de l’âme, de son propre esprit. Pour elle « ce genre d’histoire racontée sincèrement peut être un stimulant, un conseil pour les autres esprits engagés dans le labyrinthe de la vie ». « C’est comme un échange de confiance et de sympathie qui élève la pensée de celui qui raconte et de celui qui écoute »

. J’avais à ma disposition les propos de Rousseau, sans doute précurseur dans l’art de se « confesser », de Stendhal ou encore de Michel Leiris pour la qualité du récit autobiographique. Anne Franck tout comme Albert Cohen, Nathalie Sarraute ou Marguerite Duras pour la volonté de rendre compte de leur difficulté d’être. Chacun me montre combien mon récit est léger et ma technique empirique, fluctuant suivant l’inspiration du jour. Me raconter et me livrer, c’est aussi renouer les fils de mon passé et dans ce passage bien difficile de ma vie, cette année 2009, trouver des outils pour me comprendre et mieux percevoir les autres.

Jean-François Dray